Prière

Comment prier quand on ne sait plus quoi dire

Quand la fatigue, le doute ou la douleur ont tout vidé, il reste des façons simples de prier. Cinq pistes concrètes, pour croyants et chercheurs.

Il y a des jours où l’on voudrait prier et où rien ne vient. La fatigue a tout vidé, la peine prend toute la place, ou le doute s’est installé si fort qu’on ne sait plus à qui l’on parle. Beaucoup en concluent qu’ils « ne savent plus prier ». C’est souvent l’inverse : ce moment sans mots est déjà le début d’une prière plus vraie.

1. Commencer par ce qui est là

Une prière n’a pas besoin d’être belle. Elle peut commencer par un constat : « Je suis fatigué », « J’ai peur », « Je ne sais pas ». Dire la vérité de l’instant, sans l’arranger, est le premier pas. Les psaumes eux-mêmes sont pleins de cris, de plaintes et de questions.

Je n’arrive plus à prier comme avant.

Mes mots se résument à un gémissement.

Alors écoute ce gémissement comme une prière.

Extrait de la prière 54, « Quand la douleur est trop forte »

2. Laisser parler le corps

Quand les phrases ne viennent pas, le corps peut prendre le relais. Allumer une bougie. S’asseoir, les mains ouvertes sur les genoux. Respirer lentement, trois fois, en pensant à quelqu’un que l’on aime. Ces gestes simples disent déjà : « Me voici. »

3. Emprunter les mots d’un autre

Lire lentement une prière écrite par quelqu’un d’autre n’est pas tricher. C’est accepter d’être porté. On peut s’arrêter sur une seule phrase, la répéter, changer un mot pour qu’il nous ressemble. C’est exactement l’usage pour lequel les prières de 100 prières pour apaiser l’âme ont été écrites.

4. Prier avec son doute

Le doute n’empêche pas de prier. On peut même prier avec lui, en le nommant. Beaucoup de croyants ont traversé de longues nuits où Dieu semblait absent ; ils ont continué à venir, simplement.

Alors je reste là, devant toi, même sans savoir si tu m’entends.

Je ne te demande pas de preuves éclatantes.

Je te demande juste un signe discret, une lumière suffisante pour ne pas renoncer.

Et si ce signe ne vient pas tout de suite, donne-moi la patience de chercher encore.

Car quelque chose en moi continue de t’appeler, malgré tout.

Extrait de la prière 44, « Quand je doute de toi »

5. Accepter le silence

Enfin, il y a des jours où la seule prière possible est de rester là, sans rien dire. Ce silence n’est pas vide. Il ressemble à la présence de deux amis qui n’ont plus besoin de parler. Cinq minutes suffisent. Le lendemain, les mots reviendront peut-être.

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